Du livre au film : Quelles étapes ? (Suite)

Certaines prises d’option n’aboutissent jamais. Ce peut être pour cause de budget, mais dans certains cas de figure, on vient à parler de « films maudits ». Ce fut par exemple le cas de L’Odyssée de Pi, qui réussira finalement à voir le jour au cinéma, mais après de très longues années. Le film était considéré comme impossible à adapter et avait ainsi généré plusieurs prises d’option signées, sans jamais aboutir. Mais dans le cas où la prise d’option est validée, on passe alors à l’étape du scénario. Le scénariste choisi est souvent l’auteur du livre. Mais ce dernier est souvent très vite remplacé par d’autres scénaristes, pour la bonne raison que l’on écrit pas un livre comme on fait un film ! Un fois le bon scénario, il faut alors trouver le budget, les accords, et le tournage peut commencer ! 

En moyenne, les droits d’un livre pour le cinéma sont vendus dans une fourchette allant de 50 000 à 100 000 euros. Cela dépendra du livre, et de sa portée. L’empire des loups de Jean-Christophe Grangé s’est vendu à plus d’1 million d’euro.

Il est assez mal vu aujourd’hui d’adapter un livre à l’écran. Il y a cette idée que dès qu’un livre se voit être adapté au cinéma, le résultat n’est jamais aussi satisfaisant que le livre. Il faut alors se dire que le livre d’une part, et le film de l’autre, sont vraiment deux formats très différents n’ayant pas les mêmes objectifs. Quand le livre se situe beaucoup dans l’imagination, le rêve, l’écran, lui, fait barrage à cette imagination. C’est pour cela que beaucoup de gens sont déroutés après la projection d’une adaptation, soit parce que ce n’était pas comme ils l’avaient imaginé, soit au contraire, parce que c’était exactement comme dans leur pensée. Le manque de détail est souvent reproché aux adaptations, mais quand un livre fait plus de 600 pages, il est difficile de lui rester fidèle en 1h30, 2h. Certaines libertés prises lors des adaptations à l’écran sont parfois discutées, notamment par rapport au texte d’origine. Gone girl par exemple, propose deux fins complètement différentes et alternatives à l’écran et dans le livre. Il faut aussi garder en tête que le cinéma est un art visuel, et qu’il est impossible de tout retranscrire mots pour mots. Le budget entre aussi en jeu, et, dans certains cas, l’auteur s’emballe un peu trop et les scènes écrites sont impossible à réaliser au cinéma. C’est le cas notamment de la scène finale d’Harry Potter, que J.K Rowling avait imaginée et écrite de manière bien plus spectaculaire que la scène du film. Le cinéma a aussi cette image plus populaire et moins noble que le livre, ce qui fait que dans les yeux de certains, tout n’est pas adaptable à l’écran, comme Roméo et Juliette par exemple. 

Il faut donc savoir détacher cinéma et écriture, comprendre qu’il s’agit de deux arts différents. Même si les deux industries se complètent l’une et l’autre ! L’adaptation d’un livre au cinéma relancera toujours les ventes du livre. C’est par ce biais que le cinéma offre parfois une nouvelle vie à un livre complètement oublié et peu connu du public. Finalement, cinéma et livre ont besoin l’un de l’autre pour continuer à séduire un maximum d’adeptes. 

Les Collectionneurs sur Art d’Oise

Lire aussi : Quand l’informatique s’invite au cinéma

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *