Les adaptations littéraires au cinéma : quel succès ?

Certains affirment que l’image est née avant le mot. Ainsi, l’homme aurait vu l’image et ce serait fait une vision du monde avant toute autre chose, avant même d’en parler. C’est ensuite qu’il utilisera le mot pour décrire ce qu’il a vu, ressenti, perçu. La littérature ne serait alors rien d’autre qu’un voyage dans le temps, dans le passé, essayant de se rappeler, d’analyser ce qui a pu être perçu. La littérature est une façon de donner à l’autre une part de soi, une part des images d’une vie, comme pour se justifier, ou tenter de comprendre quelque chose qui demeure incompris. Plus tard, la littérature devient cinéma. De ce simple fait, le cinéma est aussi une forme de littérature. 

On dit toujours qu’une bonne adaptation littéraire, retranscrite au cinéma, est une trahison. En effet, le cinéma a son langage, tout comme la littérature a le sien. Ce n’est alors pas simplement en illustrant une histoire avec des images, que l’on parvient à la raconter et à lui être fidèle, à elle, et à son auteur. C’est ainsi que certains trouvent même que la meilleure adaptation de Proust est Il était une fois en Amérique, mais de Sergio Leone… ! En effet, ce que le réalisateur a effectué sur le passage du temps, sur l’idée qu’une fin peut finalement être le début relevait presque de l’impossible. À l’inverse de ce que peut ouvrir comme champs des possibles la littérature, il paraît compliqué de faire une adaptation de la recherche du temps perdu au cinéma. Comment trouver le bon flow des mots, des phrases, comment suivre cette sorte d’oeuvre pléthorique sur plusieurs volumes… 

Certains livres à petit succès peuvent aussi parfois mener à de grands succès cinématographiques.

Autant en emporte le vent, au travers du quel David O. Selznick voulait donner à l’Amérique l’équivalent cinématographique de ce qu’avait été le roman de Margaret Michelle. Celui-ci, loin de rencontrer un succès immense dans le milieu littéraire, sera pourtant un succès à portée mondiale dans le monde du cinéma. Ainsi, certains livres n’ayant pas marqué l’histoire de la littérature font pourtant de très grands films. 

Mais certains livres aussi semblent en effet inadaptables au cinéma. C’est notamment le cas du roman Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Ce dernier est une œuvre littéraire, purement littéraire. Son histoire est gravée dans l’écrit et il serait périlleux de tenter d’en faire des images. La condition humaine d’André Malraux figure aussi parmi ces œuvres que personne n’osera jamais retranscrire au cinéma. Pourtant, certain ont essayé. Ce fut le cas de Michael Cimino, le réalisateur et metteur en scène américain disparu en juillet 2016, pour qui ce projet était celui de toute une vie. Il ne parviendra malheureusement pas à le mettre sur pieds. L’histoire, bien que n’étant toujours pas adaptée au cinéma, a fasciné les plus grands cinéastes. 

Les Collectionneurs sur Art d’Oise.

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