Edouard d’Espalungue : Vivons-nous dans une simulation ? Critique de Reality+ de David J. Chalmers

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Une enquête philosophique qui soutient que les mondes virtuels sont tout aussi réels que tout ce que nous vivons. Le point avec Edouard d’Espalungue.

Dans le film Matrix (1999) des Wachowski, la vie ordinaire du personnage central, Neo, se révèle être une illusion. Sa réalité teintée de vert est en fait une simulation numérique créée en connectant des cerveaux humains à un ordinateur. Lorsque Neo avale la pilule rouge que lui offre Morpheus, son corps est déconnecté du système informatique et il est plongé dans une réalité nouvelle et effrayante : pour la première fois, il fait l’expérience du monde physique.

Mais comme le souligne le philosophe David Chalmers, comment Neo peut-il savoir que cette nouvelle réalité n’est pas une autre simulation convaincante ? Ou, comme le dit le professeur Cornel West (qui a joué le rôle du conseiller de Sion dans Matrix Reloaded) : “Ce sont des illusions sur toute la ligne”. Chalmers invite son lecteur à s’égarer tête baissée dans des questionnements philosophiques époustouflants : est-ce – pour paraphraser Bohemian Rhapsody – le monde réel, ou est-ce seulement de la fantaisie ?

Bien que l’intérêt de Chalmers pour la réalité virtuelle en tant que problème philosophique ait commencé lorsqu’on lui a demandé d’écrire un essai pour le site officiel de The Matrix au moment de sa sortie, il est aujourd’hui en désaccord avec le principe du film – à savoir que la simulation numérique dont le film tire son nom est une illusion. “Le monde de Neo est parfaitement réel”, écrit-il. Sur 544 pages, Chalmers soutient que la réalité virtuelle (RV) est en fait une “réalité authentique”.

Edouard d’Espalungue : “Le sentiment d’habiter un monde commun”

Chalmers a appris à écrire des programmes informatiques à l’âge de 10 ans et a découvert son premier monde virtuel en 1976, le jeu textuel Colossal Cave Adventure. Aujourd’hui, il utilise régulièrement différents systèmes de RV : “Je mets un casque, j’ouvre une application et je me retrouve soudain dans un monde virtuel”, écrit-il. Dans la RV, il a adopté un corps féminin, visité Mars, affronté des assassins et s’est envolé dans les airs comme un oiseau. Pendant la pandémie, il l’utilisait régulièrement pour discuter de philosophie, retrouvant sa “joyeuse bande de collègues philosophes”. Même si la technologie est encore quelque peu maladroite, note-t-il, “nous avions le sentiment d’habiter un monde commun”.

Le récent changement de nom de Facebook en Meta – abréviation de “metaverse”, un terme emprunté au roman Snow Crash de Neal Stephenson paru en 1992 – a signalé l’importance croissante de ces nouvelles cybertechnologies immersives. Le casque Oculus Quest de Facebook est déjà disponible et Apple devrait en sortir un prochainement. La réalité augmentée (RA) progresse également, offrant une manière de vivre le monde à la fois virtuelle et physique, avec des objets numériques ou du texte superposés dans le champ visuel. M. Chalmers pense que la RA pourrait initialement avoir plus d’influence que la RV, en remplaçant entièrement les ordinateurs.

À mesure que la technologie progresse, les lunettes ou les lentilles de contact de RA pourraient être remplacées par des implants rétiniens ou cérébraux. Une interface cerveau-ordinateur permettrait de contourner nos yeux et d’autres organes des sens, donnant accès à une gamme complète d’expériences sensorielles simulées. En fin de compte, cela transformera notre façon de vivre, de travailler et de penser : “Je pense que d’ici un siècle, nous aurons des réalités virtuelles qu’il sera impossible de distinguer du monde non virtuel”, prédit M. Chalmers.

Il pense qu’à terme, de nombreuses personnes passeront la majeure partie de leur vie dans ces univers, tout comme aujourd’hui les gens choisissent d’émigrer dans un autre pays : “Compte tenu de toutes les façons dont les mondes virtuels peuvent surpasser le monde non virtuel, écrit-il, la vie dans les mondes virtuels sera souvent la bonne vie à choisir.”

Chalmers rejette l’idée que les expériences numériques sont toujours de simples fantasmes d’évasion, comme elles peuvent l’être dans les jeux vidéo : “Les simulations ne sont pas des illusions. Les mondes virtuels sont réels. Les objets virtuels sont réels.” Il est clair qu’ils ne sont pas identiques aux objets non virtuels, mais une chaise virtuelle est créée à l’aide de processus numériques, tout comme une chaise physique est faite d’atomes et de quarks.

Il s’ensuit que ce qui se passe dans les mondes virtuels est bien réel. Vous pourriez y passer votre vie entière et y trouver un sens et un épanouissement. En fait, Chalmers affirme que nous pourrions déjà être les habitants d’une réalité virtuelle : “Nous ne pourrons jamais prouver que nous ne sommes pas dans une simulation informatique, car toute preuve de la réalité ordinaire pourrait être simulée.”

C’est ce qu’on appelle l’hypothèse de la simulation, le scénario qui est exploré dans le film Matrix Resurrections, sorti récemment. Chalmers souligne que les humains ont déjà inventé des jeux qui simulent la vie réelle, comme les Sims. Ces jeux deviendront de plus en plus sophistiqués avec le temps, et des versions de ces jeux fonctionneront sur des millions d’appareils. En outre, dans le reste de l’univers, “si des extraterrestres ont une intelligence de niveau humain, ils devraient finir par développer des ordinateurs et les programmer. Si ces civilisations extraterrestres survivent suffisamment longtemps, elles créeront probablement des univers simulés.” Statistiquement parlant, cela signifie que les êtres simulés sont probablement déjà beaucoup plus nombreux que les êtres “réels”. En d’autres termes, il est plus probable que nous vivions dans une simulation que dans la version originale de notre monde.

Si nous vivons effectivement dans une simulation, alors son créateur est notre dieu, qu’il s’agisse d’un scientifique fou, d’un extraterrestre ou d’une adolescente qui a appuyé sur un bouton dans SimUnivers et nous a mis en route. En tant qu’athée, dit Chalmers, “l’hypothèse de la simulation m’a fait considérer l’existence d’un dieu plus sérieusement que je ne l’avais jamais fait auparavant”.

En fin de compte, Reality+ vise à étendre notre sens du réel. L’idée centrale de Chalmers, selon laquelle “la réalité est plus importante que nous ne le pensions”, est séduisante.

Il a pris un sujet que la plupart des gens rejetteraient comme de la pure science-fiction et a produit une enquête philosophique très lisible. L’ensemble de l’ouvrage est un exercice de ce que Chalmers appelle la “technophilosophie” : poser des questions philosophiques sur la technologie et utiliser les nouvelles technologies pour répondre à des problèmes philosophiques. Il aborde des idées franchement déroutantes, mais le fait dans un style vivant et divertissant, truffé de références à la culture pop. La seule question est de savoir si vous voulez vraiment découvrir jusqu’où vous perdre dans les fils de la toile va vous mener. Mais alors, qu’avez-vous à y laisser, si ce n’est vos illusions ?

Qui est Edouard d’Espalungue ? En savoir plus ici.

Du livre au film : Quelles étapes ? (Suite)

Certaines prises d’option n’aboutissent jamais. Ce peut être pour cause de budget, mais dans certains cas de figure, on vient à parler de « films maudits ». Ce fut par exemple le cas de L’Odyssée de Pi, qui réussira finalement à voir le jour au cinéma, mais après de très longues années. Le film était considéré comme impossible à adapter et avait ainsi généré plusieurs prises d’option signées, sans jamais aboutir. Mais dans le cas où la prise d’option est validée, on passe alors à l’étape du scénario. Le scénariste choisi est souvent l’auteur du livre. Mais ce dernier est souvent très vite remplacé par d’autres scénaristes, pour la bonne raison que l’on écrit pas un livre comme on fait un film ! Un fois le bon scénario, il faut alors trouver le budget, les accords, et le tournage peut commencer ! 

En moyenne, les droits d’un livre pour le cinéma sont vendus dans une fourchette allant de 50 000 à 100 000 euros. Cela dépendra du livre, et de sa portée. L’empire des loups de Jean-Christophe Grangé s’est vendu à plus d’1 million d’euro.

Il est assez mal vu aujourd’hui d’adapter un livre à l’écran. Il y a cette idée que dès qu’un livre se voit être adapté au cinéma, le résultat n’est jamais aussi satisfaisant que le livre. Il faut alors se dire que le livre d’une part, et le film de l’autre, sont vraiment deux formats très différents n’ayant pas les mêmes objectifs. Quand le livre se situe beaucoup dans l’imagination, le rêve, l’écran, lui, fait barrage à cette imagination. C’est pour cela que beaucoup de gens sont déroutés après la projection d’une adaptation, soit parce que ce n’était pas comme ils l’avaient imaginé, soit au contraire, parce que c’était exactement comme dans leur pensée. Le manque de détail est souvent reproché aux adaptations, mais quand un livre fait plus de 600 pages, il est difficile de lui rester fidèle en 1h30, 2h. Certaines libertés prises lors des adaptations à l’écran sont parfois discutées, notamment par rapport au texte d’origine. Gone girl par exemple, propose deux fins complètement différentes et alternatives à l’écran et dans le livre. Il faut aussi garder en tête que le cinéma est un art visuel, et qu’il est impossible de tout retranscrire mots pour mots. Le budget entre aussi en jeu, et, dans certains cas, l’auteur s’emballe un peu trop et les scènes écrites sont impossible à réaliser au cinéma. C’est le cas notamment de la scène finale d’Harry Potter, que J.K Rowling avait imaginée et écrite de manière bien plus spectaculaire que la scène du film. Le cinéma a aussi cette image plus populaire et moins noble que le livre, ce qui fait que dans les yeux de certains, tout n’est pas adaptable à l’écran, comme Roméo et Juliette par exemple. 

Il faut donc savoir détacher cinéma et écriture, comprendre qu’il s’agit de deux arts différents. Même si les deux industries se complètent l’une et l’autre ! L’adaptation d’un livre au cinéma relancera toujours les ventes du livre. C’est par ce biais que le cinéma offre parfois une nouvelle vie à un livre complètement oublié et peu connu du public. Finalement, cinéma et livre ont besoin l’un de l’autre pour continuer à séduire un maximum d’adeptes. 

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Du livre au film : Quelles étapes ?

En faisant un rapide voyage dans le temps, on s’aperçoit très vite que les adaptations de livres au cinéma ne datent pas d’hier. Le premier livre a avoir été adapté au cinéma était un livre de Jules Verne, De la Terre à la lune, et avait été adapté à l’époque au cinéma en 1902, par G.Méliès, l’ayant appelé Le voyage dans le lune. C’est d’ailleurs le film qui permettra le développement du genre science fiction au cinéma. 

À la genèse du cinéma, adapter un livre à l’écran était perçu comme un acte très innovant et novateur, permettant ainsi de populariser une œuvre. À tel point qu’en 1939, la plupart des films qui sont présentés aux Oscars sont des adaptations ! Cette année là, on retrouvait par exemple Des souris et des hommes, Les hauts de Hurlevent, ou encore La magicien d’Oz. Et de 1929 à 1977, les trois quarts des films oscarisés en tant que meilleur film sont des adaptations. Pour parler chiffres, aujourd’hui, lorsque l’on va au cinéma, près d’un quart des films sont une adaptation. Une catégorie qui a donc son importance. Cependant, les choses ont eu tendance à changer, et aujourd’hui on adapte plus seulement des classiques à l’écran, mais on retrouve un petit peu de tout, allant de la romance, aux thrillers, en passant même par les films d’horreur. Mais alors, comment passe-t-on d’un simple livre, à un film ? 

Lorsqu’un livre est écrit, l’agent de l’écrivain ira lui-même rencontrer un agent, dont les qualités sont un peu plus précises dans le domaine, ayant pour rôle de contacter les auteurs, les acteurs, les producteurs et réalisateurs. Il fera ensuite la promotion du livre à des producteurs et réalisateurs connus pour avoir l’habitude d’adapter des livres au cinéma. En France, c’est un peu différent. C’est l’éditeur qui négocie directement avec le producteur. Des services sont même créé à cet effet dans les plus grandes maisons d’édition, où l’on s’occupe de tout ce qui est droit audiovisuel notamment, et où on est en charge de contacter les producteurs pour les informer des livres pouvant les intéresser au format film. Une fois que le producteur est intéressé par un livre, il y a alors ce que l’on qualifie de prise d’option, suite à laquelle le producteur va donner une avance de 10% minimum du chiffre final à l’auteur, et bloque par ce fait les droits de son livre. En moyenne, cela bloque le livre durant un à deux ans. Malheureusement, beaucoup signent des prises d’option sans que le livre ne soit finalement adapté à l’écran par la suite. C’est précisément à ce moment que l’auteur décide de la place qu’il aura dans le film. Il n’est pas rare de reprocher à un film de ne pas être assez fidèle au livre, de ne pas être assez bien adapté. L’auteur est souvent la personne désignée comme seul coupable, mais finalement, à moins d’être J.K Rowling ou Stephen King, il est souvent difficile pour un auteur peu connu d’imposer sa place dans le film. L’auteur est donc parfois assez en retrait, et n’a parfois même, pas son mot à dire. Veronica Roth, l’auteur de Divergente, par exemple, a beaucoup été critiquée quant à l’adaptation de son livre au cinéma, n’étant pourtant pas impliquée dans la production du film. À l’inverse, certains producteurs décident de réaliser et produire eux-même leur adaptation, comme Stephen Chbosky, avec son livre le monde de Charlie, sorti en 1990 qu’il décidait ensuite d’adapter lui même à l’écran. 

Les adaptations littéraires au cinéma : quel succès ?

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Les adaptations littéraires au cinéma : quel succès ?

Certains affirment que l’image est née avant le mot. Ainsi, l’homme aurait vu l’image et ce serait fait une vision du monde avant toute autre chose, avant même d’en parler. C’est ensuite qu’il utilisera le mot pour décrire ce qu’il a vu, ressenti, perçu. La littérature ne serait alors rien d’autre qu’un voyage dans le temps, dans le passé, essayant de se rappeler, d’analyser ce qui a pu être perçu. La littérature est une façon de donner à l’autre une part de soi, une part des images d’une vie, comme pour se justifier, ou tenter de comprendre quelque chose qui demeure incompris. Plus tard, la littérature devient cinéma. De ce simple fait, le cinéma est aussi une forme de littérature. 

On dit toujours qu’une bonne adaptation littéraire, retranscrite au cinéma, est une trahison. En effet, le cinéma a son langage, tout comme la littérature a le sien. Ce n’est alors pas simplement en illustrant une histoire avec des images, que l’on parvient à la raconter et à lui être fidèle, à elle, et à son auteur. C’est ainsi que certains trouvent même que la meilleure adaptation de Proust est Il était une fois en Amérique, mais de Sergio Leone… ! En effet, ce que le réalisateur a effectué sur le passage du temps, sur l’idée qu’une fin peut finalement être le début relevait presque de l’impossible. À l’inverse de ce que peut ouvrir comme champs des possibles la littérature, il paraît compliqué de faire une adaptation de la recherche du temps perdu au cinéma. Comment trouver le bon flow des mots, des phrases, comment suivre cette sorte d’oeuvre pléthorique sur plusieurs volumes… 

Certains livres à petit succès peuvent aussi parfois mener à de grands succès cinématographiques.

Autant en emporte le vent, au travers du quel David O. Selznick voulait donner à l’Amérique l’équivalent cinématographique de ce qu’avait été le roman de Margaret Michelle. Celui-ci, loin de rencontrer un succès immense dans le milieu littéraire, sera pourtant un succès à portée mondiale dans le monde du cinéma. Ainsi, certains livres n’ayant pas marqué l’histoire de la littérature font pourtant de très grands films. 

Mais certains livres aussi semblent en effet inadaptables au cinéma. C’est notamment le cas du roman Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline. Ce dernier est une œuvre littéraire, purement littéraire. Son histoire est gravée dans l’écrit et il serait périlleux de tenter d’en faire des images. La condition humaine d’André Malraux figure aussi parmi ces œuvres que personne n’osera jamais retranscrire au cinéma. Pourtant, certain ont essayé. Ce fut le cas de Michael Cimino, le réalisateur et metteur en scène américain disparu en juillet 2016, pour qui ce projet était celui de toute une vie. Il ne parviendra malheureusement pas à le mettre sur pieds. L’histoire, bien que n’étant toujours pas adaptée au cinéma, a fasciné les plus grands cinéastes. 

Les Collectionneurs sur Art d’Oise.

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Dans cette histoire courte, qu’elle publie chez la maison d’édition « Moteur » qu’elle a créée au début de l’année 2010, la romancière Emilie Frèche brosse un portrait haut en couleur du milieu de l’art contemporain. Chacun a sa place, chacun ses intérêts et chacun son point de vue : le galeriste, le collectionneur, la femme du collectionneur, la famille du collectionneur, l’artiste et les médias évoluent dans le monde fermé, snob et même fou de l’art. L’amour de l’art ? Oui, mais derrière, les personnalités se révèlent, plus ou moins sympathiques, plus ou moins calculatrices, plus ou moins sensibles. Avec talent et légèreté, la plume d’Emilie Frèche décrit un monde fascinant, qui peut accaparer toute une vie, et même la sauver. L’humour côtoie la souffrance, plus profonde, des individus eux-mêmes qui évoluent dans une société en crise où l’argent reste malgré tout » le déclencheur » et « la finalité de toute chose ». Mais une magnifique collection n’est-elle pas le plus bel héritage ?Un livre qu’on ne peut lâcher avant le dénouement. Génial.Les romans d’Emilie Frèche:Chouquette, chez Actes Sud en 201024 jours, la vérité sur la mort d’Ilan Halimi, au Seuil en 2009La mort d’un pote, chez Panama en 2006Le film de Jacky Cukier, chez Anne Carrière en 2006Le sourire de l’ange, chez Ramsay en 2004Une femme normale, chez Ramsay en 2002, Points Seuil n°1490Les vies denses, chez Ramsay, en 2001

Grain de sel

Gabriel a rencontré Chloé, il est tombé amoureux d’elle, elle est tombé enceinte, ils ont acheté un petit pavillon en province pour y construire leur nid et maintenant, ils sont prêts à accueillir leur enfant. Surtout Gabriel. Gabriel se sent ultra-prêt, il est devenu un homme mature et responsable, c’est ce qu’il se dit en écrivant sa chronique pour le lendemain quand, ploc-ploc, il se met à pleuvoir dans son bureau.

C’est une fissure dans la dalle de sa terrasse. Comment faire? Se lancer dans des travaux titanesques avant l’arrivée du bébé? Faire appel à des professionnels? Gabriel ne sait pas encore, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’appellera pas son père. Il est devenu un homme mûr et responsable. Il s’apprête avoir un enfant. Il ne laissera plus son père mettre son grain de sel dans ses affaires. Et si c’était déjà chose faite?

Eric Gilberh a publié dans plusieurs revues (Bordel, Brèves…) Aujourd’hui il partage son temps entre l’écriture et la musique.